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A un fil de péter un cable ! L'éditorial de février 2015



Il est des gens auxquels on ne pardonne rien et qui doivent être des super-héros en permanence. Les pêcheurs semblent faire partie de ce groupe. Ce que je viens de dire est certes un peu caricatural, mais je pense que si nous ne sommes plus considérés comme des destructeurs, il reste un peu de grain à moudre contre nous. En effet, depuis peu, je connais des animateurs nature qui sont aussi pêcheurs travaillant pour Natagora et, de leur propre aveu, cela ne pose pas de problème au sein de leur organisation. De même, qui ne connaît pas des pêcheurs membres d’associations écologistes ? Pour ma part, je suis abonné chez les Naturalistes de Belgique. Il reste de beaux préjugés de part et d’autre et si j’ai pu constater une assez approximative et théorique connaissance des poissons chez pas mal d’amoureux de la nature, cela n’empêche que le dialogue peut facilement être noué, entre personnes de bonne composition. Comme partout ailleurs, il existe des intégristes qui se considèrent bien supérieurs aux autres, mais, laissons-les à leur médiocrité.
Comme je vous l’ai dit, à force de travail et d’actions positives, l’image des pêcheurs s’améliore auprès des non-pêcheurs. Cela dit, cette situation est très fragile. En effet, l’humain aime particulièrement s’attarder et s’attacher aux faits divers et en tirer des généralités, l’un dénonçant la patte coupée d’un canard à cause d’un fil de pêche laissé sur la berge et l’autre les crasses laissées par un utilisateur négligent. Leur conclusion : c’est à cause des pêcheurs. Et je ne leur donnerai tort qu’en partie : oui, c’est bien un pêcheur qui a laissé son nylon sur la berge (j’enrage à chaque fois que j’en trouve !), oui, c’est le pêcheur qui a jeté un sac d’amorce ou une boîte vide d’émerillons. Et, non, la grande majorité des pêcheurs ne se comporte pas comme des dégueulasses ! Mais il en existe encore qui ne respectent rien, comme il existe une partie de la population qui ne respecte rien. Nous sommes en quelque sorte les victimes de notre nature humaine, souvent prompte à ne pas réfléchir aux conséquences de nos actes et à se foutre de tout. De ce fait, nous accuser tous de ne pas être parfaits est faire preuve de malhonnêteté intellectuelle évidente.
Il n’y a néanmoins aucune excuse à ce comportement : nous payons tous une taxe poubelle et nos déchets n’étant ni lourds, ni encombrants, ni spécialement toxiques, peuvent être pris en charge par les services de collecte et de traitement des déchets. De plus, il y a régulièrement des poubelles publiques. Autrement dit, rien ne justifie de laisser ses crasses partout.
La fédération s’est inscrite dans une ligne claire de protection de l’environnement depuis des années déjà, par la promotion de comportements citoyens, par des campagnes de nettoyage et en participant aux actions d’autres associations comme, par exemple, le Contrat Rivière Meuse Aval. Ce travail ne doit pas être que ponctuel, même si ces journées d’entretien portent leurs fruits, et, bien heureusement, énormément d’entre nous, pêcheurs, l’ont déjà compris et ramassent les crasses laissées par d’autres avant de quitter leur coup. Je ne peux que me réjouir de toutes ces «petites» actions. J’espère et je ne doute pas qu’elles s’amplifieront dans le futur et que les tristes photos de palmipèdes morts ou mutilés ne seront plus qu’un lointain souvenir. Vous l’aurez compris, même si nous ne sommes pas les pollueurs, nous portons cette responsabilité. Cela a quelque chose d’injuste, mais nous n’avons rien à gagner à nous contenter de repousser les fautes sur les vrais responsables. Il est bien plus constructif de montrer que nous prenons la responsabilité de ramasser leurs ordures ; cela ne rend que plus efficace notre message dénonçant ces malotrus. Les idées sans l’action ne valent rien !
JNS
FP n°228
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